Publié le 11 Mar

Les enjeux de la mixité dans l’éducation

Parce que la parité est un véritable enjeu d’avenir dans l’éducation et les entreprises, Charles Fiessinger, manager Diversité France & Espace Mobilité chez Michelin, a profité de l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, pour organiser une matinée dédiée à la Diversité. Elle s’est déroulée le vendredi 6 mars 2020 au Hall 32.

FormaSup Auvergne était présent car la lutte contre les discriminations et pour la diversité sont au cœur de ses actions.

Table ronde 1 : Les enjeux de la mixité dans le monde professionnel aujourd’hui

Cette première table ronde était animée par Claudine Blain, directrice générale adjointe Éducation, Culture, Sport et politiques sociales de la Région AURA et Thierry Malatrait, directeur d’agence Pôle Emploi Clermont-Ferrand.

La Région Auvergne-Rhône-Alpes se veut exemplaire sur la politique égalité femmes/hommes mais aussi sur le handicap. Elle a donc mis en place différentes actions en matière de développement économique, formation professionnelle, enseignement supérieur, aménagement du territoire.

  • 10% de recrutement de personnes en situation de handicap
  • 63% de femmes dans les services
    • 64 % dans l’encadrement intermédiaire
    • 40% dans l’encadrement supérieur
  • Politique de rémunération égalitaire avec un cadre réglementaire
  • Gestion de RH de la Région :
    • Télétravail pour équilibrer vie pro/vie perso
    • Favoriser le temps partiel sur ce même équilibre
  • Assemblée plénière paritaire
  • Formation & orientation :
    • Accompagner les jeunes dans la découverte des métiers
    • Oser vivre ses rêves
    • Partir à l’aventure

La Région AURA espère ainsi créer une dynamique pour que la société dans son ensemble soit convaincue de l’égalité femmes/hommes. Aujourd’hui le monde du travail vit une mutation profonde. On parle de diversité, de lutte contre les stéréotypes de genre et des préjugés dans la vision des métiers.

Le débat a été illustré par le témoignage d’une responsable « Ilot » de la Manufacture Française des Pneumatiques Michelin.

Conférence : Les stéréotypes de genre dans l’éducation

A l’occasion de cette conférence, Delphine Martinot, chercheuse au Laboratoire de Psychologie sociale et cognitive – CNRS Université de Clermont Auvergne, a rappelé l’impact des stéréotypes de genre sur les choix d’orientation des filles et des garçons. Choix qui, à leur tour, auront une incidence sur les rémunérations et les carrières.

Les filles font, en majorité, des choix d’orientation moins rentables que ceux des garçons. On retrouve ce phénomène également dans la façon de gérer leur carrière professionnelle : les femmes font le choix d’aller vers des postes moins prestigieux donc avec une rémunération plus faible.

Les stéréotypes de genre véhiculés par la société jouent un rôle essentiel.

1- Spécificités des relations F/H :

  • catégorisation sur la base du sexe biologique très tôt : décoration, vêtements, jouets…. (Pour les enfants -> filles = rose ; garçons = bleu)
  • différences perçues comme naturelles, stables, immuables et fondamentales : pas le même corps, pas la même façon de penser ou de réagir
  • stéréotypes prescriptifs et complémentaires :
    • les hommes sont ambitieux, paresseux, compétitifs, leader, savent prendre des risquent
    • les femmes sont attentives aux arts, bavardes, aiment les enfants, coopératives, préoccupées par leur apparence
    • les hommes aiment le foot et les jeux vidéos
    • les femmes aiment la danse et les poupées Barbie
    • dans leurs choix d’études, les hommes vont vers les sciences, maths, matières scientifiques
    • dans leurs choix d’études, les femmes vont vers la littérature

Tous ces stéréotypes sont très marqués dans la publicité.

2- Stéréotypes de genre et intention d’orientation

L’Académie de Clermont-Ferrand a mené une enquête auprès des jeunes. Elle leur a demandé de compléter un questionnaire d’auto-description contenant des traits de personnalité stéréotypiques. En parallèle, ils/elles devaient indiquer leurs probabilités d’orientation en série L ou S.

Les résultats sont éloquents :

  • Lettres/langues/sciences humaines et sociales : 70% filles – 30% garçons
  • Sciences, technologie, ingénieur, maths : 38% filles – 62% garçons

Et cela malgré une réussite académique supérieure chez les filles.

3- Conséquences des stéréotypes de genre associés aux compétences scolaires

Ils détériorent la motivation à se valoriser chez les filles.

La confiance en ses compétences joue un rôle très important : permettre une égalité à la performance réelle.

Les stéréotypes de genre agissent sur la confiance en ses compétences, la perception d’être légitime pour faire un choix d’orientation. Ainsi, l’intériorisation des stéréotypes de genre amènent les filles à abandonner librement les sciences, confirmant par là même, le stéréotype.

Pour un même niveau scolaire, 70% des garçons s’orientent en S contre 58% chez les filles Les jeunes filles font une auto-sélection sévère due à des effets de socialisation.

Des solutions existent :

  • Utiliser l’évaluation comme outil d’information pour dire aux jeunes qu’il y a une réelle égalité des chances de réussite filles-garçons ;
  • L’écriture inclusive : elle a un impact positif sur la représentation des femmes dans la société ;
  • Eviter de tolérer des « traits de caractères stéréotypés », de type : un peu plus de paresse chez les garçons ou un peu plus de bavardages chez les filles.

WoMen Forward, réseau européen de femmes managers chez Michelin

Après une pause dans le showroom du Hall 32, la matinée a repris avec le témoignage d’un membre de WoMen Forward , un réseau européen de femmes managers chez Michelin.

Il a pour objectif de promouvoir la mixité dans le management au profit de la performance du Groupe et comporte 5 activités majeures :

  • Networking
  • Moment d’échanges
  • Formation
  • Co-développement
  • Mentoring

Ce réseau mixte compte 350 membres, dont 15% d’hommes.

Table ronde 2 : Témoignage de stéréotype de genre avec Sylvain Gony

Sylvain Gony a un parcours un peu atypique. Avant de faire l’ENA et l’Institut des Hautes Etudes, il a été sage-femme homme puis enseignant sage-femme. Alors les stéréotypes de genre il les connait bien !

C’est pourquoi aujourd’hui, en tant qu’attaché parlementaire, il a cœur de défendre des projets liés à l’égalité femmes/hommes. Il accompagne Valérie Thomas, députée du Puy-de-Dôme, dans la mise en œuvre de 140 engagements.

A ce jour 44% sont en cours, 45% sont engagés ou réalisés et 11% n’ont pas encore débutés.

Nicolas Beaumont, directeur du développement et de la mobilité durable chez Michelin, a conclu cette matinée.

« Prendre conscience que le problème de l’égalité femmes/hommes est le dessus de l’iceberg des problèmes de la diversité. Aujourd’hui, il faut pouvoir exprimer sa diversité seulement quand on le veut. »